
Lucky Luciano
Plus influent qu’Al Capone, Charles Lucky Luciano est probablement la figure la plus importante de la mafia sicilienne. Parvenu au stade de Parrain incontesté, il développe sans scrupules les trafics de drogues, d’alcool, et les réseaux de prostitution. N’ayant que le profit comme objectif, il assure une grande expansion économique à la Cosa Nostra durant son règne. Entouré de fidèles amis comme Meyer Lansky ou de partenaires stratégiques comme Frank Costello, il ouvre une voie pour la nouvelle génération de mafieux. Grand patron du syndicat du crime, il gère la mafia à l’échelle internationale, même lorsqu’il est emprisonné ou exilé.
Né le 4 novembre 1897 à Lercardia Friddi en Sicile, Salvatore Lucania alias Lucky Luciano et sa famille fuient les mines de souffre et émigrent aux Etats-Unis en 1907. Dès l’âge de 10 ans, il est arrêté pour vol à l’étalage. Il rencontre celui qui sera son ami le plus fidèle Meyer Lansky la même année. A 18 ans il est de nouveau arrêté pour avoir vendu de l’héroïne lors de son travail de garçon coursier. Lorsqu’il est relâché, il rejoint le clan des Five Points.
Dès le début des années 20, il connaît beaucoup de monde dans la sphère du crime organisé, et compte parmi ses amis ceux qui feront la nouvelle génération de mafieux, Frank Costello, Vito Genovese et Bugsy Siegel. Appelés les Jeunes Turcs, ils rejoignent tous - sur l’initiative de Lucky Luciano - la famille de Joe Massiera, et deviennent des hommes de main réputés, tueurs mais aussi contrebandiers.
En 1927, la guerre de Castellammare prend des proportions incontrôlables, et la haine se déchaîne entre Massiera et son rival Maranzano. Les assassinats se multiplient dans les 2 camps mais les forces semblent égales. Lucky Luciano de son côté renforce ses connexions avec d’autres groupes de criminels irlandais ou juifs, dans lesquels Costello l’a introduit. Massiera s’oppose à cette expansion car d’une part il n’accepte de traiter qu’avec des siciliens ou des italiens, et d’autre part, il se sent menacé par Luciano dont il sent la détermination à gravir tous les échelons qui mènent au pouvoir suprême.
Tandis que Luciano tisse sa toile en sympathisant avec les seconds du camp adverse, Massiera donne raison à sa suspicion et fait passer Luciano à tabac. Laissé pour mort sur les quais de New York, il s’en sort miraculeusement. La légende raconte que la balafre si reconnaissable qu’il a sur le visage vient de cette nuit là. Grâce à Lansky, il ne tarde pas à découvrir l’identité du commanditaire et décide de se venger.