Pierre Loutrel sent lui aussi que le vent tourne. Les alliés se rapprochent. En 1944, il quitte Paris pour Toulouse, où il s’engage dans la résistance. Il intègre le réseau Morhange, chargé de liquider les traîtres et les collabos. Il y rencontre Naudy, un as de la mitraillette. Malgré des dérapages, il est toujours couvert par ses chefs. Ses activités sont mystérieuses. Il appartiendrait aux services secrets, sous les ordres du colonel Passy. Il réapparaît en 1945 à Marseille puis rentre à Paris.
C’est la Libération. Loutrel retrouve ses anciens compagnons des pires heures et reprend ses activités de racket et de proxénétisme. À Montmartre, il croise Jo Attia, un ancien des Bat d’Af. L’homme revient de Mathausen. Ils fraternisent. Dirigés par Loutrel, 3 anciens gestapistes, Danos, Fefeu, Bouseseiche, un ancien FFI, Naudy et un ancien déporté, Attia s’unissent. La France est réconciliée!

Traction avant Citroën
Ces 5 hommes forment le gang des tractions avant, spécialisé dans les braquages menés à bord d’une Citroën, les fameuses tractions avant.
À l’instar de la bande à Bonnot, le gang des tractions se caractérise par ses règles d’or: préparation minutieuse, rapidité d’exécution, fuite et retraite dans un lieu sûr. Le gang enchaîne ainsi règlements de compte et braquages de plus en plus importants: 1946 sera une année faste. Au delà des sommes volées souvent très importantes, ce qui surprend la police c’est davantage la cadence effrénée avec laquelle le gang enchaîne les braquages aux quatre coins de la France, en Provence, en région parisienne… À peine ont-ils commis un braquage, qu’ils sont déjà en train de préparer le suivant.
C’est à cette époque que commencera un véritable chassé-croisé, une traque incessante entre les forces de l’ordre (dirigées par Roger Borniche) et le gang de tractions.