
L'enlèvement d'Édouard-Jean Empain, le PDG du groupe Empain-Schneider, le 23 janvier 1978 alors qu'il sortait de chez lui avenue Foch fait la une de tous le journaux. Les ravisseurs demandent une rançon exorbitante, les négociations durent, plusieurs tentatives d'échange échouent. Finalement libéré sain et sauf 2 mois plus tard, le baron d'Empain raconte son détention tandis que ses ravisseurs sont arrêtés et écroués.
Le baron Empain est en 1978 l'un des hommes les plus influents de France et de Belgique. Il est en effet à la tête d'un empire financier, le groupe Empain-Schneider qui fédère différentes sociétés dans la métallurgie, l'acier, l'armement et surtout l'énergie nucléaire, alors en pleine expansion.
Homme craint et respecté, il mène une vie plutôt calme et partage son temps entre le château familial en Belgique et son appartement parisien du 33 rue Foch. Lui-même décrit cette période de sa vie comme facile, la puissance que lui conférait son argent lui donnant un sentiment de confiance et d'invulnérabilité dans les sphères économiques mais également politiques. On ne lui connaît comme passion que les chevaux de course, il possède d'ailleurs une écurie. Peu mondain, il ne participe pas à la vie nocturne parisienne et semble mener une vie très rangée. C'est d'ailleurs ce qui aiguille le choix des ravisseurs, leur attention se portant sur la régularité de son emploi du temps. Le groupe de truand avait dressé une liste de personnalités pour leur tentative de rapt, plusieurs noms étaient écrits à côté de celui du baron: Marcel Dassault, le baron de Rothschild ou encore Liliane Bettencourt. La prévisibilité du programme d'Édouard-Jean fait pencher la terrible balance de son côté et les gangsters préparent un plan sans faille qu'ils mettent à exécution le lundi 23 janvier 1978.
Alors que le baron sort de chez lui conduit par son chauffeur, Jean Denis, pour se rendre à un rendez-vous à 11H, une camionnette blanche gêne leur passage dans la contre allée qui longe l'avenue Foch. Le chauffeur veut l'éviter et se déporte sur la gauche mais une mobylette simule un accident juste devant la voiture, obligeant le véhicule à s'arrêter. 3 hommes sortent alors de la camionnette, empoignent le baron, le jette dans le véhicule blanc ou 3 autres personnes sont présentes. Les hommes sont cagoulés et déguisent leurs voix avec des accents. Le chauffeur est passé à tabac puis emmené dans un fourgon bleu. L'un des hommes prend le volant de la Peugeot 604 du baron et les 3 véhicules disparaissent dans la circulation, direction Porte Maillot.
On retrouve la voiture du baron dans un parking souterrain quelques heures plus tard et le chauffeur est relâché et littéralement jeté de la fourgonnette au niveau de la Porte Maillot. Il n'a pas vu la tête de leurs agresseurs.