L'affaire Dreyfus

 

Alfred Dreyfus
Alfred Dreyfus

 

Le 15 octobre 1894 au matin, sans aucune preuve tangible, le capitaine Dreyfus est arrêté, inculpé d'intelligence avec l’ennemi et incarcéré. Le 22 décembre, à l'unanimité et avec un dossier vide, Alfred Dreyfus est condamné pour trahison «à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée». Accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets, il est déporté sur l'île du Diable.

 

A partir de cette date s’ouvre une ère où presse et opinion publique s’affrontent sur fond d’antisémitisme et se divisent en 2 camps: les dreyfusards et antidreyfusards.

En  septembre 1894, les SR (services de renseignement) apportent au contre-espionnage français un «bordereau, non signé et non daté». Adressé à l’ambassade d’Allemagne, elle établit que des documents militaires confidentiels sont sur le point d'être transmis à une puissance étrangère

Le ministre de la guerre, le général Auguste Mercier, violemment attaqué dans la presse pour son action jugée incompétente, semble vouloir tirer parti de cette affaire pour rehausser son image. Pour trouver le coupable rapidement, la méthode est simple: restreindre arbitrairement le cercle de recherche. Le coupable idéal est identifié: le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et artilleur, de confession israélite et alsacien d’origine, issu de la méritocratie républicaine. C'est le quotidien antisémite, La Libre Parole, qui annonce, le 29 octobre 1894, l'arrestation d'un officier juif et amorce une campagne pour sa condamnation.