La rupture psychotique d'Albert Fish

À partir de ce moment-là, la conduite d’Albert Fish devint incontrôlable, comme le dira son fils, Albert Junior. L’homme a des hallucinations auditives et est persuadé d’être l’envoyé de Dieu sur Terre, présent pour torturer et castrer les enfants, comme le lui aurait ordonné le Divin.
 

C’est à cette époque également que Fish se mit à s’enfoncer des aiguilles dans l’aine, si profondément qu’il fut impossible de les lui retirer. Les rayons X pratiqués sur lui plus tard montreront la présence de 27 aiguilles dans son périnée (photo).

Toujours subjugué par la douleur physique, Fish aurait même demandé à ses propres enfants de le torturer, mais devant leurs refus répétés, il s’automutilera de façon récurrente. Lorsqu’Albert Junior, son fils, le suppliera d’arrêter, Fish lui confessera «j’adore me torturer».

Après plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, où il fut à chaque fois relâché car jugé «non dangereux pour autrui», Fish entama une nouvelle phase psychotique, dans laquelle il se mit à collectionner tout ce qui avait attrait au cannibalisme.
 

Enfin, Albert Fish se découvrit une passion pour l’envoi de lettres à caractère obscène, dans lesquelles, Fish avouait à ses correspondantes sa volonté d’être frappé. Les policiers retrouveront plus tard pas moins de 40 lettres envoyées à différentes femmes, si choquantes qu’elles ne purent même pas être citées lors de son procès.

Bien qu’on ne puisse dire avec certitude quand Fish a commencé à tuer, et combien de victimes il a eu à son actif, il avouera avoir débuté sa carrière de meurtrier en 1924. Et avoir tué en tout et pour tout une quinzaine d’enfants. 

 


Grace Budd

Cependant, c’est bel et bien le crime de Grace Budd âgée de 10 ans au moment des faits en 1928, qui permettra aux enquêteurs de compromettre Fish 6 ans plus tard.

En 1928, après avoir lu l’annonce du frère de Grace Budd dans un journal, Fish se présente au domicile parental sous un pseudonyme, Franck Howard, et se fait passer pour un propriétaire terrien intéressé par le profil du grand frère. Une fois sur place, Fish parvient à obtenir la sympathie des parents, et voyant que Grace est présente, se propose de l’emmener à une soit disant fête d’anniversaire. Les parents Budd, ayant vraiment besoin d’argent et croyant qu’un refus de leur part empêcherait leur fils d’être employé par ce propriétaire terrien, acceptent. Ils ne reverront jamais leur fillette.  

 


Wisteria Cottage

Albert Fish prit donc le train avec la jeune Grace, âgée de 10 ans, et l’emmena à Wisteria Cottage. Il fallut peu de temps pour qu’Albert cède à ses pulsions malsaines, et étrangle la jeune fille. Puis, selon ses dires, il la découpa, et la mangea en ragoût pendant une semaine.

La police suivra une fausse piste pendant quelques temps et abandonnera les recherches en 1930. Cependant, ce sera Fish lui-même qui mettra les enquêteurs sur sa trace, puisque, ne pouvant résister à sa folie grandissante, Albert enverra une lettre à la mère de Grace Budd, en 1934, dans laquelle il expliquera en détails le meurtre de leur fille. Ce sera cette lettre qui le perdra, les policiers ayant réussi à remonter jusqu’à lui.