La mafia japonaise est une des plus grandes organisations criminelles mondiales. Plus connus sous le nom de Yakuzas, ses membres, divisés en plusieurs clans, sont des acteurs majeurs de la scène économique et sociale japonaise. Obéissant à une stricte hiérarchie, les Yakuzas, désormais présents internationalement, seraient près de 85 000.
Zoom sur l’histoire de la mafia japonaise.

La mafia japonaise serait la plus grande organisation criminelle du monde, loin devant ses consœurs italiennes, sans pour autant être occulte. En effet, les Yakuzas se distinguent des autres mafiosi par leur organisation semi-légale qui les insère donc dans la société. Ce faisant, les Yakuzas ont souvent pignon sur rue et se définissent eux-mêmes comme étant des militants associatifs. Conservant la structure hiérarchique commune à toute organisation mafieuse, les Yakuzas sont organisés en clans, qui s’assimilent à une famille.

Logo des Yamaguchi-Gumi
On dénombre à l’heure actuelle quatre grandes familles mafieuses au Japon. Les Yamaguchi-gumi (la plus grande famille regroupant à elle seul près de 45% des Yakuzas), les Sumiyoshi-reng, les Inagawa-kaï, et enfin les Tōa Yuai Jigyō Kummiai (regroupant beaucoup de Coréens). Malgré leurs intérêts divergents, ces 4 grandes familles répondent à une organisation hiérarchique similaire.
Le chef de clan, patriarche, est appelé «Oyabun» (littéralement «parent, chef»). Chaque membre faisant partie du clan doit accepter le statut de kobun («enfant, protégé»), promettant obéissance et fidélité inconditionnelles au chef. En contrepartie, l’Oyabun offre à tous ses kobuns, protection et bons conseils. L’Oyabun est entouré de conseillers, les Komon, qui occupent des postes administratifs et judiciaires.

Un Oyabun et ses hommes
Outre cette structure hiérarchique, la mafia japonaise répond à des règles précises. Tous les Yakuzas sont soumis au Goduko («la voie extrême») et au Ninkyodo («la voie chevaleresque»). C’est-à-dire qu’ils doivent se soumettre à 9 commandements non négociables, qui s’apparentent à des lois.
Par ailleurs, des étapes précises sont nécessaires au recrutement des futurs Yakuzas.
Après l’intronisation, cérémonie hautement ritualisée, le Yakuza doit faire ses preuves: trouver un travail, reverser ses bénéfices au clan, et jurer fidélité à son chef. En cas de faute, le Yakuza est soumis au Yubitsume, pratique d’auto-ablation du petit doigt. En accomplissant cet acte de mutilation, le Yakuza présente ses excuses à son Oyabun. En cas de nouvelle erreur, le Yakuza devra se couper les autres doigts. Il est ainsi possible de voir des Yakuzas amputés de plusieurs doigts.

Exemple d'Irezumi
Autre rituel hautement pratiqué au sein de la communauté Yakuza: le tatouage (irezumi), symbole d’appartenance à un clan. Le rituel du tatouage est très douloureux, puisqu’il est réalisé de manière traditionnelle. Cette pratique, vieille de plusieurs siècles, est désormais assimilée à une preuve de courage et de fidélité envers le chef du clan auquel appartient le Yakuza. Outre le tatouage, les Yakuzas montrent leur appartenance à tel ou tel clan par leur code vestimentaire, de façon à être facilement identifiables par les civils.
Mais d’où viennent ces Yakuzas? Qui sont-ils? Comment se fait-il qu’ils se mêlent aussi aisément à la société civile?