Belle Boyd (1843-1900) a compris dès son plus jeune âge comment se servir des atouts de la féminité pour en tirer avantage. Elle est aussi maligne et devient donc en très peu de temps une des espionnes les plus connues du camp des Confédérés. Alors que la guerre de Sécession fait rage, elle galope sans hésiter par monts et vallées pour aller porter de précieuses informations aux généraux sudistes. Sa vie devient très vite une véritable romance ponctuée d’anecdotes et d’aventures. Son charme et son charisme deviennent légendaires.
Belle fait partie d’une famille plutôt connue en Virginie : les Boyd sont issus d’un ancien clan écossais, ils ont des parents hauts placés à la Nouvelle Orléans et dans plusieurs endroits du Kentucky. Ils ont aussi des liens de parenté avec Georges Randolph qui deviendra plus tard le secrétaire de guerre des confédérés. Pourtant, Ben Boyd, le père de Belle n’est qu’un simple commerçant, propriétaire d’une épicerie et d’une ferme de tabac. Belle vit donc une enfance idyllique à la campagne au milieu des fleurs mais elle a déjà un sacré caractère. Elle grimpe aux arbres, s’aventure dans la forêt et détient une remarquable autorité sur ses frères et sœurs : c’est un vrai garçon manqué plutôt difficile à discipliner.
Malgré leurs modestes revenus, les parents de Belle font tout pour lui donner une bonne éducation. Ils l’envoient donc à l’âge de 12 ans au Mount Washington Female College à Baltimore jusqu’à ses 16 ans. A sa sortie, Belle semble prête à affronter la vie, un bel avenir semble s’ouvrir devant elle à Washington. Au fil des rencontres, elle discute avec des officiers, des juges, des sénateurs et prend goût à ce milieu où les conversations sont très politiques. Elle se rend progressivement compte des objections face à l’esclavage aux Etats-Unis. Les tensions montent avec le nord et bientôt la guerre de Sécession éclate.