Quelques jours plus tard, à Paris, un ténor du barreau se greffe à la défense de Bertrand Cantat: Me Olivier Metzner, jusque-là plus connu dans les dossiers politico-financiers que dans les drames humains. De l’autre côté de la barre, Me Georges Kiejman, ancien garde des sceaux, défend les intérêts de la famille de Marie Trintignant. Et accable d’entrée Cantat dans la presse, laissant entendre que le leader de Noir Désir a littéralement boxé la victime ce soir-là. Qu’il est peut-être un «frappeur d’habitude». Dès lors, entre les deux parties, la guerre sera totale.

Metzner
«On n’impose malheureusement qu’une vision de la vérité», avait déclaré Me Metzner à propos du dossier. «Non, Bertrand Cantat est un menteur comme les autres, un menteur de droit commun. Vous ne voulez pas entendre le mot meurtrier. Quel terme voulez-vous entendre? Bourreau? Massacreur? Votre mot sera le nôtre», avait renchéri Me Kiejman. «Je réfute l’image forte que l’on voudrait accréditer d’un méchant rocker drogué qui tue un ange parfait. Les enquêtes menées sur la prétendue violence de Cantat n’ont mené nulle part», rectifie alors Metzner.

Kiejman
Kiejman s’emporte: «La reconstitution a bien montré qu’il la tenait d’une main pendant qu’il la frappait en plein visage de l’autre, comme sur un punching-ball. Ce qui a provoqué un ébranlement cérébral. Chose rare, généralement réservée aux boxeurs». «Non, il ne s’est jamais rendu compte des coups portés», réplique l’avocat de Cantat. «C’est bien ce qu’on lui reproche», conclut le défenseur de la famille Trintignant. Par médias interposés puis à la barre face à des magistrats Lituaniens médusés, les deux ténors s’affrontent publiquement. En tout cas, les experts estiment que l’actrice a reçu 5 coups au visage. 5 de trop. Dont au moins un fatal.