1959-1989: Une carrière de franc-tireur

 

Aussi, de retour en France en 1959, Jean-Pierre Mocky renonce partiellement à sa carrière d'acteur (qu'il reprendra à partir de 1970 dans certains des films qu'il réalise) pour se consacrer à la réalisation.

Il crée sa maison de production: «Balzac Films» et signe son premier film: Les Dragueurs (1959). Son cinéma se révèle satirique et mélancolique, à l'humour noir et caustique. L'oeuvre est saluée par la critique qui voit là un pur produit de la Nouvelle Vague. Dès lors, Mocky tourne environ un film par an et affiche un inlassable anticonformisme qui fait de lui l'un des auteurs les plus inclassables du cinéma français.
Il aborde les sujets les plus polémiques, articulant ses scénarii autour d’intrigues policières, d’action et de suspens.

  • L'Administration et ses tracasseries

Les Compagnons de Marguerite (1966) avec Claude Rich, Michel Serrault et Francis Blanche
Jean-Louis Matouzec n'est pas heureux en ménage et sa femme Françoise refuse le divorce. Un jour, il a l'idée de trouver un couple marié prêt à consentir à un échange. L'échange accepté de part et d'autre, Matouzec falsifiera les actes de mariage sur les registres d'État Civil. Afin de trouver un tel couple, Matouzec, fait passer une petite annonce dans la presse. Mais la police, qui croit flairer une escroquerie d'un nouveau genre, délègue l'inspecteur Leloup sur l'affaire…

  • La télévision abrutissante

La Grande lessive (1968) avec Bourvil, Francis Blanche et Jean Poiret
Professeur de lettres dans un lycée, Armand Saint-Just est consterné par les effets de la télévision sur ses élèves. Avec l'aide de Benjamin, un chimiste ex-dynamitero, il met sur pied un plan d'action. Expert en explosifs, Benjamin a inventé une substance qui, pulvérisé sur les antennes de télévision, brouille totalement les émissions. Chaque nuit, Saint-Just s'élance à la conquête des toits des immeubles du quartier…

 

 La Grande Lessive 
La Grande Lessive

 

  • Les absurdités du système judiciaire

Solo (1970)
Violoniste et trafiquant de bijoux à l'occasion de ses voyages, Vincent Cabral débarque au Havre, tandis qu'au Vésinet, près de Paris, une vingtaine de participants d'une soirée orgiaque est soudain abattue à coups de mitraillette. Le jeune frère de Vincent, Virgile, appartient précisément au groupuscule responsable de ce massacre…

  •  les spéculations financières

Chut! (1972) avec Jacques Dufilho
Les petits épargnants de la “Caution foncière”  sont invités à la réception organisée en l’honneur du millionième million versé.
Au milieu de l’euphorie, Fritz Ducharrel, qui a collecté tous les fonds, porte-parole des épargnants remet en grande pompe leurs chèques aux dirigeants de la société: Henri Butin, PDG, Maître Bérénice, notaire et le député Combinet.
Mais Ducharrel découvre tout un plan monté pour anéantir la “Caution foncière”. Son sang ne fait qu’un tour: il décide de démasquer les escrocs et d’alerter les actionnaires …

  • La presse aux ordres

Un linceul n’a pas de poches (1975) avec Francis Blanche et jean Carmet
Journaliste dans un grand quotidien, Michel Dolannes donne sa démission à Thomas, son patron, car il ne veut plus être empêché d'écrire ce qu'il voit, ce qu'il sait: la vérité. Il fonde son propre journal "Le Cosmopolite"  dans lequel il dénonce, tour à tour: les scandales sportifs, un député catholique, des politiciens corrompus de tous les bords...

 

  Un linceul n'a pas de poches  
Un linceul n'a pas de poches

 

  • L'arrivisme et la corruption de la politique

Y-a t-il un français dans la salle (1982) avec Victor Lanoux et Jacques Dutronc.
Chef d'un puissant parti politique des années 75, le "R.A.S.", le président Horace Tumelat, la cinquantaine, est au faîte de sa carrière politique lorsqu'il apprend le suicide de son vieil oncle Eusèbe, qui l'avait élevé. Or, ce dernier détenait un secret: il avait séquestré chez lui un homme qui faisait "chanter" Tumelat, en menaçant de révéler son passé de "collabo". ..

  • le fanatisme des foules

A mort l’arbitre (1883) avec Michel Serrault et Eddy Mitchel.
Les supporters arrivent par cars pour soutenir leur équipe de foot favorite. On commence par plaisanter bruyamment, par boire un coup à la buvette du stade... et puis c'est le match tant attendu! Vacarme et cris.
C’est la déception pour Rico et sa bande: leur équipe perd! Les supporters, furieux, estiment que c'est la faute de l'arbitre, qui a sifflé selon eux un penalty de trop…

 

  A mort l'arbitre  
A mort l'arbitre

 

 

Dans chacun de ses films il passe la société au crible et dénonce ses travers. Son tempérament et ses coups de gueule sont devenus légendaires.